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J'informe l'aimable lecteur que les éditions l'Harmattan à Paris viennent de publier mon ouvrage intitulé "Les romanciers congolais à la satire" Il coûte 25 Euros.
Le présent message tient lieu de faire part.
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# Posté le mardi 11 novembre 2008 13:30

Modifié le mardi 11 novembre 2008 13:43

Biographie de monsieur Cibalabala.

CURRICULUM VITAE


Nom : CIBALABALA
Prénom : MUTSHIPAYI KALOMBO
Lieu et date de naissance : Kalumba, le 16 août 1948
Nationalité : Congolaise (République Démocratique du Congo)

Adresse : 69, rue des Commerçants N°69,1000 Bruxelles.
Belgique
Téléphone : 0032 494 38 33 03
e-mail : mcibalabala@hotmail.com


ETUDES UNIVERSITAIRES


1973-74 : Premier graduat en langue et littérature africaines, Université nationale du Zaïre, Campus de Lubumbashi
1974-75 : Deuxième graduat en langue et littérature africaines, Université nationale du Zaïre, Campus de Lubumbashi
1975-76 : Première licence en langue et littératures africaines, option littérature africaine, Université nationale du Zaïre, Campus de Lubumbashi
1976-77 : Deuxième licence en langue et littérature africaines, Université nationale du Zaïre, Campus de Lubumbashi
1992-1994 :Préparation de troisième Cycle Diplôme d'Etudes Supérieures(DES) en langue et littérature africaines,Université de Kinshasa.Ce diplôme est l'équivalent du DEA français








DIPLOMES OBTENUS

- Licence en langue et littérature africaines, option littérature africaine Université nationale du Zaïre, Campus de Lubumbashi
- Agrégation de l'enseignement secondaire du degré supérieur Université nationale du Zaïre, Campus de Lubumbashi
- Diplôme d'Etudes Supérieures(DES)
- Doctorat en Philosophie et lettres, groupe Langue et littérature françaises, Université libre de Bruxelles . Titre de la thèse « L'impact de la tradition dans le roman congolais de langue française (1969-1989) : Essai d'analyse sociocritique ». Directeur de thèse : Prof.Jacques Marx



PUBLICATIONS

1. OUVRAGE

Les romanciers congolais et la satire(sous presse chez l'Harmattan,étude critique).






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2. ARTICLES

(Parus)

- « La place de la littérature orale dans l'enseignement secondaire au Zaïre », in Bulletin d'information du BASE (Bureau africain des Sciences de l'éducation), n°13, Kisangani, 1981, pp.47-55
- « La palabre africaine dans Le dernier Empire « de Sembene Ousmane, in Cahiers d'études africaines, n°1, volume I, Kinshasa, 1984, pp.24-45
- « Le pouvoir politique vu par les écrivains »,in Cahiers Zaïrois d'Etudes Africaines,N°1,Volume 1,1984,pp41-53
- « La critique littéraire au Zaïre : quelques figures », in Laboratoire d'Analyses Sociales de Kinshasa, volume V, n° unique, 1988, pp.63-69
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« Drame de l'intellectuel africain dans l'½uvre romanesque de Ngal Mbwil- a-Mpaang » , in Bulletin d'information des anciens étudiants de Louvain-la-Neuve et Leuwen, n°2, 1988, pp.37-46
Makolo Muswaswa (sous la direction de), Valeurs et mentalités dans la littérature zaïroise, Actes des premières journées d'études des littératures francophones, Kinshasa, Editions universitaires africaines, 1996, pp.187-201
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- « Les congolismes et les interférences linguistiques dans le roman congolais de langue française », in Revue des problématiques africaines, n°2, volume II, Bruxelles, 2000, pp.81-98
- « La survivance de la tradition dans Giambatista Viko ou le viol du discours de Ngal Mbwil a Mpaang, » in Revue du Centre d'éducation et de réflexion pour les communautés africaines, n°6, Bruxelles, 2000, pp.41-76
- « L'image des enfants soldats dans Allah n'est pas obligé d'Ahmadou Kourouma », in L'Africain, n°5, Bruxelles, juin-juillet 2004, pp.17-22


(A paraître)

- « La femme et la tradition : lecture de quelques romans congolais », in Revue des littératures africaines de la Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université Gaston Berger, Saint-Louis (Sénégal), 2008
- « L'analyse des contes populaires dans le roman congolais », in Cahiers de l'Institut supérieur pédagogique de Kananga, 2008
- « Essai d'analyse de la palabre africaine ou l'éloquence judiciaire dans quelques romans congolais », in Annales de la Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Kinshasa, 2008
- « L'étude de quelques figures dans le roman congolais », in Cahiers de l'Institut supérieur pédagogique de Tshikapa, 2008
- « Les romanciers congolais et la sagesse ancestrale », in Revue des littératures africaines de la faculté des Lettres et sciences humaines de l'Université Gaston B, Saint-Louis (Sénégal), 2008
- « La survivance de la littérature orale africaine dans Ngando (crocodile) » de Paul Lomami ,in Congo-Meuse, Bruxelles, 2008
- « La sorcellerie et le fétiche dans le roman congolais », in Annales de l'Université de Lubumbashi, 2008
- « Quelques réalités traditionnelles dans le roman congolais », in Cahiers de l'Institut supérieur pédagogique de la Gombe, 2008-« La mémoire collective dans sa dimension proverbiale : lecture de quelques parémies africaines », in Congo-Afrique, 2008-
- « L'inscription historique et la révolte sociale dans le roman congolais », in Congo-Meuse, Bruxelles, 2008
- Plaidoyer pour la spécificité de la littérature négro-africaine. Quelques réflexions sur les propos de Théodore Monod, Paris, Présence Africaine, 2008
- -Le tribunal traditionnel luluwa, Kananga, Cahiers de l'ISP/Kikwit,2008
- Basié (sous la direction de) Intertextualité et adaptation dans les littératures francophones, Québec Montréal, Editions de l'Université de Montréal, 2008
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3. COMPTE RENDU

- Huit Mulongo Kalonda ba Mpeta : Paul Lomami Tshibamba, l'idéologie de la différence Lubumbashi, 1999.Recension parue, in Ela n°17, pp.71-72
- ,


4. ETUDES RONEOTYPEES

- Regard sur la littérature africaine contemporaine, 1986
- La littérature africaine et la société, 1986
- Un autre débat autour de la littérature zaïroise (collectif), 1988
- La survivance de la tradition orale dans la littérature africaine d'expression française : essai d'analyse sociocritique appliquée à quelques romans africains, 1988
- Zamenga Batukezanga, l'une des figures de proue de la littérature zaïroise
- L'image e la société zaïroise à travers l'Instant d'un soupir d'Emongo Lomomba, 1989
- Quelques réflexions sur la francophonie au Zaïre, 1991
5. Pièce de théâtre « Son excellence adore le whisky ou Golgotha des fonctionnaires de l'Etat », soumise au concours co-organisé par l'Union des Ecrivains Congolais et le Ministère de la Culture et Arts,en République Démocratique du Congo en 2000.Cette pièce de théâtre a été primée.
EXPERIENCE PROFESSIONNELLLE

- 1977 : Assistant chargé d'enseignement à Institut Supérieur Pédagogique de Bukavu, Université nationale du Zaïre
- 1978 : Assistant chargé d'enseignement à l'Institut Supérieur Pédagogique de Bunia, Université Nationale du Zaïre
- 1979 : Mis à la disposition du Rectorat de l'Université Nationale du Zaïre, Kinshasa
- 1981 : Assistant de recherche au Centre interdisciplinaire d'études et de documentation politique, à l'Université de Kinshasa
- 1983 : Assistant chargé de cours de français à l'école de langues de l'Université de Kinshasa
- 1985 : nomination au grade de Chef de travaux
- 1986-1990 : Chef de Travaux à l'Université de Kinshasa
- 1992-1999 : Chef de Travaux chargé de cours à la Faculté des Lettres, Université de Kinshasa
- 1992-1999 : Conseiller chargé de la presse au cabinet du Président de la Cour des Comptes du Zaïre
- 2004-2005: Professeur de Méthodologie de recherche et techniques de l'expression écrite et orale à l'Université Libre Internationale,(ULI) Bruxelles
-
- 2000-2008: Chargé de cours à Brussels school of management, Bruxelles (Cours de sociologie générale,de psychologie sociale , de techniques de l'expression écrite et orale et de Méthodologie de la recherche scientifique).
- Membre de nombreuses sociétés savantes notamment l'Union des écrivains congolais,l'APELA(Association des Ecrivains de Langue Française,Critaoi(Critique de la littérature négro-africaine et de l'Océan indien

Fait à Bruxelles,le 18 juin 2008
Mutshipayi K.CIBALABALA
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# Posté le lundi 28 juillet 2008 07:17

Note de lecture: Le patriote

LE PATRIOTE OU L'ABSURDITÉ DE MAITRE IBRAHIMA DIAWARA
Mutshipayi K. Cibalabala, 2008, Paris, Éditions Publibook, 139 p.

De la « politique d'apartheid mitigé » (p. 14) lasse, Maître El'Hadji Ibrahima Diawara décide d'abandonner tant la contemplation de la tour Eiffel et de la ville qui s'étend à ses pieds, que sa charge de maître de conférence à la Sorbonne. Avec ses enfants et sa femme, une Antillaise de nationalité française (« métissée de surcroît » !, p. 14), il rentre dans son pays, Allahissa, d'où il est absent depuis trente ans. Il vit, de manière idéaliste, son « devoir sacré et loyal » (p. 17) d'aider ses frères et ses s½urs restés en Afrique noire. Entre-temps, le monde a beaucoup changé en Afrique, et il s'en rendra compte dès son débarquement, grâce à un bref échange avec un taximan, détenteur d'un Master of Arts de l'Université de... Californie! Le thème de la fuite et de la rentrée des cerveaux est tout de suite abordée et soldée par la constatation de l'avilissement de la perception du rôle culturel de l'Europe (un continent, on le rappelle au tout début du roman, qui ne sait même plus pourvoir aux besoins des personnes âgées, fauchées, pour le plaisir de quelques-uns qui héritent de la fortune de leurs parents, par une simple vague de chaleur).
Par contre, l'Afrique « est un continent de surprise où l'on doit s'attendre à n'importe quoi... » (p. 21). Par exemple, Diawara est pris pour un domestique, accompagnant une femme blanche et ses gosses, par un militaire en service devant les grilles d'accès au palais du Gouverneur de la ville, où il se présente, et où il est tout de suite mis en garde de se conduire de manière convenable (« Nous ne sommes pas forts pour juguler la crise économique, mais en matière de sécurité, tout est au point. », p. 24). Une autre surprise concerne l'attitude du père de Diawara envers sa belle-fille « blanche » : il pousse son fils à répudier sa femme en faveur d'une autre qui soit du terroir. Diawara a beau rétorquer « Mon retour en Afrique n'est pas sans objet. Je ne suis pas venu pour des raisons familiales. Je dois libérer le peuple opprimé et chosifié » (p. 34): les lois du sang et les bienséances locales semblent, un moment, l'emporter sur la mission du patriote ; toutefois, l'amour pour son épouse et pour sa cause sont plus forts.
Quand on lui refuse un poste à la faculté de Droit à cause des ses idées subversives, sa femme plaide auprès du Centre Culturel Français. Ainsi, est-il engagé localement en qualité de Conseiller Technique Chargé des problèmes économiques et juridiques. Toujours des Français de l'ambassade, il apprend que les maquisards avaient attaqué le port d'Allahissa et qu'ils étaient décidés “à déloger le locataire de la résidence du lac vert” (p. 42). La situation est grave : la femme de Diawara décide de se faire rapatrier (grâce à l'opération... « Alouette ») ; le Maître, quant à lui, décide de se rendre au port pour embrasser les maquisards dans leur quartier où l'on droguait les combattants. Mais la troupe loyale du Gouvernement choisit de larguer des bombes sur le QG des rebelles. Hélas, ils emportent par mégarde le toit de la deuxième villa du deuxième bureau du Chef de l'Etat et cette « brave femme » aura ses attraits les plus charmants complètement brûlés (p. 46). La vengeance du Raïs est alors terrible : il arrive à faire exécuter l'unique pilote du pays ! Les combats reprennent et les maquisards s'emparent du centre de la ville, tandis que le Chef de l'Etat ne cesse de s'adresser à la nation. Il fait même plus: il sollicite l'appui logistique de l'étranger. Aussitôt dit, aussitôt fait: les Européens envoient des forces armées. Diawara doit donc détaler : il est considéré comme un traître.
En rentrant à Paris, il maudit « l'homme blanc pour nous avoir barré la route. N'eût été son intervention, le Patron d'Allahissa serait délogé de sa résidence officielle, car nous étions décidés de le tuer. Grâce au pétrole, au diamant et à d'autres richesses (...), il n'a jamais cessé de se faire maintenir au pouvoir. Il est champion en cadeaux qu'il offre à l'homme blanc. Ce dernier étant faible devant les intérêts l'épaule à tout moment ». Il maudit également ses frères africains, « ces chauves-souris qui opèrent des miracles pendant la nuit » (p. 48).
Depuis Paris, Diawara tient publiquement des propos assez critiques vis-à-vis du soutien des Blancs aux dictatures africaines et affirme être « nationaliste et patriote » (p. 51). Sa femme le retrouve et le salue en héros. Mais il est condamné par contumace. Les Allahissais arrivent jusqu'à offrir une récompense de dix millions de dollars pour le tuer ; surtout, comme il l'apprendra grâce à une lettre anonyme, les représailles semblent s'être abattues sur son père et sur son frère cadet, restés au village (ils ont été pendus). A partir de ce moment, la soif de vengeance s'allie au désir de justice.
Un épisode dans un bus parisien ouvre davantage les yeux à Diawara sur la dimension cachée de l'homme blanc, à savoir son racisme foncier. Il en évoque bien d'autres (par exemple, il dénonce les effets pervers de la coopération et l'inanité des casques bleus), au point qu'il arrive à penser qu'il en a assez de cette vie artificielle qu'il mène en Europe, « dans ce monde de caïmans voraces » (p. 59), ce monde « des factures, des femmes et des enfants » (p. 83). Il décide alors d'écrire un essai satirique (Les crimes économiques du Tarzan d'Allahissa) qui a comme sujet la mauvaise gestion du numéro 1 du pays africain. C'est la manière à Diawara de punir la dictature, et il y parvient: malgré la tentative de faire disparaître de la circulation tous les exemplaires du pamphlet, la lecture de l'essai allume le feu au pays et le Président est considéré comme indésirable à l'étranger. Une délégation d'Allahissais arrive donc chez Maître Diawara lui offrir un « lavement de mains » (p. 101), à savoir un poste au sein du Parti Unique « L'½il du Peuple » (O.D.P.) afin de « le vivifier ». Après plusieurs heures d'intenses négociations, Diawara fléchit à la volonté populaire. « C'était ma façon de contribuer à la libération du peuple en étant dans l'opposition. Il n'y a pas de bateau sans capitaine. Je dois épauler ce peuple qui est à la dérive. Il gémit et croupit dans la misère noire, me disais-je... La politique de chaise vide est mauvaise. » (p. 105).
Après une courte visite aux Etats-Unis en « vulgaire touriste en quête d'évasion » (p. 113), il rentre donc au pays, mais les promesses ne sont pas maintenues tout de suite: il reste enfermé pendant une année dans une somptueuse villa en résidence surveillée. Finalement, un beau jour, il apprend à la radio et la télévision nationales qu'il a été nommé Animateur Principal de l'O.D.P. « Ce digne fils est désormais la deuxième personnalité du pays » (p. 120) et il est reçu avec tous les honneurs dus à son rang par le Président en personne. Les premiers actes de Diawara seront très populaires, mais, quand il osera un peu plus, il sera arrêté, faussement accusé d'outrage contre l'armée, torturé.
Il meurt, arme à la main. Son peuple est-il vraiment libéré ? La réponse reste ouverte.
Dans ce roman il y a plusieurs ingrédients qui s'entrecroisent.
Il faut d'abord remarquer, à un niveau stylistique, l'importance du dialogue. Le dialogisme est, chez Mutshipayi K. Cibalabala, le signe de l'omniprésence de l'oralité, mais surtout de la dimension théâtrale du roman. Souvent farce, avec des moments de satire féroce, parfois tragédie, Le Patriote joue sur plusieurs registres à la fois pour offrir une fresque désabusée du monde entier : certes de l'Afrique, qu'il appelle de tous les noms de manière assez impitoyable, mais de l'Europe aussi et surtout : raciste, vicieuses, faible, compromise, hypocrite, sauvage dans l'attrait qu'elle exerce, par exemple, sur les immigrés, qui tombent au large des îles Canaries aveuglés par un rêve qui ne correspond à rien de réel.
Parfois, les échos du Discours sur le colonialisme d'Aimé Césaire reviennent dans ce roman à thèse: “Tant que l'Afrique sera toujours paupérisée, l'Europe sera secouée” (p. 96).
Seuls les Etats-Unis semblent se soustraire à cet échec planétaire : mais Diawara, bien que touriste, se pose des questions sur le traitement des Noirs sur le Nouveau Continent.
L'importance des noms est, elle-aussi, assez théâtrale : comme l'a remarqué José Tshisungu wa Tshisungu, « l'allure narrative (...) fait du nom propre un lieu de sens, car chaque nom créé donne à penser à un univers singulier ». L'opération « Alouette », par exemple, est là pour nous dire, en un seul mot, ce que les journalistes et les historiens ont tenté d'expliquer en beaucoup de pages, quand ils abordaient la question du rapatriement des Occidentaux en zones de crise.

« Tshishi tshidiadia lukunde ntshidi munda mwa lukunde. (Ciluba : L'insecte qui ronge l'haricot, c'est celui qui est dans l'haricot). Nous sommes responsables de tout ce que nous vivons dans nos pays » (p. 72).
Voilà la leçon universelle que nous lègue Mutshipayi K. Cibalabala dans son roman, un roman écrit de manière légère, vivace, parfois presque négligée, pour nous parler, sur un ton paroxystique, de notre présent tout autant excessif.


Silvia Riva

Milan, Italie

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# Posté le samedi 05 juillet 2008 16:26

Les notes de lecture de Tshisungu wa Tshisungu au Canada

Notes de lecture
LE PATRIOTE OU L'ABSURDITÉ DE MAITRE IBRAHIMA DIAWARA
Mutshipayi K. Cibalabala, 2008, Paris, Éditions Publibook, 139 p.
Ce roman raconte l'histoire rocambolesque d'un professeur africain vivant en France. Il enseigne à la Sorbonne. Empêtré dans l'orage de la conjugalité, il est frappé par la sclérose de sa vie intellectuelle qui n'a guère de prise sur la réalité politique qu'il veut changer. Cette part sombre de son existence aura raison de ses ambitions intellectuelles. Il quitte sa charge de maître de conférences pour retourner sous les tropiques tristes d'Afrique. Il a la volonté de se rendre utile. Mais sous le soleil subsaharien, le vécu des millions de ses compatriotes n'est guère réjouissant. Un peu illuminé, il s'engage à affronter la réalité, le surnaturel et leur mouvance morbide afin de provoquer le changement collectif.
Ce livre fait le procès de l'Afrique et reprend à son compte la thématique du désenchantement et de la démystification. L'optimisme béat de certains intellectuels est mis à mal par une écriture limpide qui structure un contenu au ton radical et sans concession. Cibalabala se révèle d'ailleurs un narrateur pétri d'un regard acide.
Les adjectifs que le romancier accole à l'Afrique pour la caractériser sont pour le moins inquiétants: inconsciente, ignorante, médiocre, bloquée, impuissante, instable, frustrée, manipulée, dépendante, violée, etc. Il recommande vivement l'amour du pays. Mais le personnage principal El Hadj Ibrahima Diawara ne semble pas avoir intériorisé la ''nouvelle culture africaine'', celle qui s'est développée sur le continent durant ses années d'exil en France. Il va falloir qu'il se réenracine.
Cette culture-là lui semble dépourvue de principes moraux. Il la récuse et s'en tient à ses convictions profondes que même son hasardeux mariage mixte n'a pas réussi à bousculer. Il va lutter, et chemin faisant, les convulsions politiques qui secouent le pays débouchent sur la disparition du chef de l'État exécuté par des militaires qui s'emparent du pouvoir. El Hadj Ibrahima Diawara est arrêté...
L'humour et la fantaisie en rajoutent à l'allure narrative qui fait du nom propre un lieu de sens, car chaque nom créé donne à penser à un univers singulier. Que l'on songe à Lemarchand Sauvage qui masque l'activité mercantile de la colonisation; Bibi Tshibo, ici deux mots issus de deux langues congolaises s'apparient; De Muton wa Muyaya, trace d'une création lexicale complexe; Tata Mobomi, littéralement père meurtrier, qui évoque le règne du dernier maréchal de l'ex-Zaïre; Daniel Moubiamucyoto, l'incestueux affublé d'un prénom chrétien; Charles wa Nsamba Bambi, le consolateur de ceux qui n'ont plus que la rhétorique pour conjurer le mauvais sort accablant la nation; Mudibu, la plante rampante qui ne résiste point aux pieds des vagabonds et des sadiques. Image de la vulnérabilité d'un peuple écrasé. Dans le syntagme Mulela Umwe, ou l'enfant unique sur qui se concentre l'inquiétude de tout une communauté, il faut voir le paroxysme de la frustration; Monama Pesa Nzela, c'est l'impuissance face aux ordres du dictateur vampire.
Par ailleurs, le roman dégage le manichéisme de la pensée de l'auteur. Celui-ci réunit en un tableau tragique le représentant du bien (l'intellectuel volontariste et humaniste) et celui du mal (l'autocrate patenté et affameur du peuple).
Au-delà de l'imaginaire, on mesure le poids de la frustration de l'auteur face à la tragédie congolaise ou le mal succède au mal dans une course à obstacles ou le bien a mille et cent difficultés à s'effrayer un sentier.

José Tshisungu wa Tshisungu
Montréal, Canada


# Posté le samedi 24 mai 2008 11:40

Modifié le samedi 24 mai 2008 12:04